"Il faut être vigilant dans les jours qui viennent, même si la température va diminuer", avertit la ministre de la Santé, Stéphanie Rist

"Il faut être vigilant dans les jours qui viennent, même si la température va diminuer", avertit la ministre de la Santé, Stéphanie Rist

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La ministre de la Santé Stéphanie Rist est l'invitée du 20h de ce mercredi 24 juin. Elle est notamment revenue sur le premier cas d'Ebola recensé en France et sur les bons réflexes à adopter pendant la canicule.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Léa Salamé : Beaucoup de questions à vous poser sur la canicule, sur les hôpitaux en surchauffe. Mais d'abord, on a appris qu'un premier cas d'Ebola avait été identifié et confirmé en France. Il s'agit d'un médecin humanitaire qui est rentré de RDC. Alors où se trouve-t-il ? Qu'en est-il ? Et qu'est-ce que vous dites ce soir ? Il ne faut pas céder à la panique. On rappelle que c'est la première fois qu'un cas d'Ebola est diagnostiqué sur le territoire français.

Stéphanie Rist : Il s'agit d'un médecin expérimenté qui travaillait en mission est revenu le 23 juin du Congo et qui a un diagnostic de maladie d'Ebola. Je voudrais rassurer parce que d'une part, il est arrivé tout au début de la maladie, en fait, il ne savait pas qu'il avait de maladie, il n'avait pas de signe quand il est monté dans l'avion, qui n'était pas contagieux au moment de l'avion. Il a été pris en charge comme médecin et dans l'avion, il a eu des maux de tête. Il a alerté.

On l'a pris en charge à la sortie de l'avion. Il est en isolement à l'hôpital, dans un centre de référence pour cette maladie. Ça me permet de saluer les soignants qui s'en occupent. Il est maintenant isolé et pour 21 jours, puisque la maladie a une incubation de 21 jours.

Les autres passagers qui étaient sur ce même vol, est-ce qu'on les a retrouvés ? Est-ce qu'on sait où ils sont ? Est-ce qu'ils doivent être placés à l'isolement eux aussi ?

Oui, dès qu'on a été alerté, évidemment, on a regardé les personnes qui étaient assez proches de lui dans l'avion. Il y a cinq personnes qui sont considérées comme éventuellement en contact, et par précaution, ils ont été identifiés et en isolement.

Vous avez déclaré hier que la situation était normale dans les hôpitaux français et pourtant, Santé publique France dit aujourd'hui qu'il y a eu un pic de passage aux urgences, rarement voire jamais observé depuis le début de la semaine.

En ce qui est sûr, c'est qu'on est face à des températures extrêmes qui font qu'il y a un retentissement sur le corps, qu'on soit jeune ou plus âgé, en bonne santé ou pas. Il y a ces derniers jours une augmentation d'appels au SAMU, une augmentation de passages à SOS Médecins, et on commence à voir une augmentation de passages aux urgences. Mais avant ça, je voudrais que tout le monde qui nous écoute se mobilise pour les personnes qui sont isolées.

Si vous êtes vous-même à côté de quelqu'un qui est isolé, allez voir votre voisin, demandez-lui s'il va bien. Je le dis avec une certaine forme de solennité parce qu'on commence à avoir des personnes isolées qui sont en difficulté et qui arrivent aux urgences. Je le redis, si vous êtes isolé vous-même, vous pouvez appeler votre mairie qui a des registres, qui prendra votre adresse et qui prendra des nouvelles de vous. Donc c'est vraiment important, excusez-moi de lancer ce presque cri du cœur, mais ce sont des personnes les plus fragiles.

Les personnes fragiles, les personnes isolées, et justement, c'était une de mes questions, on va revenir à l'hôpital, mais est-ce qu'on a des remontées sur une surmortalité depuis huit jours, depuis le début de cette canicule ? Est-ce qu'on va découvrir demain après-demain qu'il y a en fait des centaines de morts de la canicule ?

On a mis en place depuis le mois de mai tout ce qu'on a mis en place pour éviter qu'il y ait trop de décès. On sait que chacune des canicules entraîne une surmortalité. Les chiffres, on les a plutôt en fin d'année parce qu'il faut réaliser des enquêtes pour savoir si la mortalité est liée à la canicule ou pas. Mais ce qu'on sait aussi, c'est que l'impact de la chaleur, il arrive 5 à 10 jours après le début de la canicule.

Donc on va rentrer là dans les jours où il va y avoir cet impact, et notamment pour les personnes les plus fragiles. C'est pourquoi je redemande qu'on soit vigilants avec les personnes isolées nous mettons en place une anticipation. C'est ce qu'on a fait avec le Premier ministre quand on a sorti le niveau 2 du plan Orsan. En fait, on anticipe pour que le système de santé soit prêt à accueillir d'éventuels patients qui arrivent.

Vous n'avez pas encore de chiffre, mais est-ce que vous avez une tendance quand on vous entend pousser ce cri du cœur ? Est-ce à dire que vous avez des remontées d'une surmortalité ?

Dans le cadre de cette anticipation, je travaille avec les professionnels de santé, qu'ils soient de ville ou de l'hôpital, et donc on fait des réunions régulièrement. Et on a certains urgentistes, certaines personnes au SAMU qui commencent à nous remonter des cas de personnes isolées. C'est maintenant qu'il faut être vigilant dans les jours qui viennent, même si la température va diminuer. Et tant mieux, je suis comme tous les Français, j'ai vraiment hâte que ça diminue un peu.

Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.

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