
Médecin humanitaire contaminé, cinq possibles cas contacts… Ce que l'on sait du premier cas d'Ebola détecté en France
L'homme diagnostiqué positif est un médecin qui a participé à une mission de lutte contre la maladie en République démocratique du Congo. Il a été immédiatement pris en charge et ses symptômes sont faibles, mais il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique contre cette souche du virus.
C'est une première historique dont la France se serait bien passée. Le ministère de la Santé a annoncé, mercredi 24 juin, "l'identification d'un premier cas positif de maladie à virus Ebola sur le territoire national".
L'homme, un médecin humanitaire en mission en République démocratique du Congo (RDC) où le virus circule, a été pris en charge dès son arrivée dans l'Hexagone, selon les autorités. Voici ce que l'on sait du malade et des risques de contamination.
Un médecin humanitaire de retour de RDC
Selon le ministère, l'homme qui a été contaminé par le virus Ebola est un médecin, travaillant pour l'ONG humanitaire Alima, de retour d'une mission humanitaire dans une des zones de circulation du virus, dans l'est de la RDC. Le malade, qui a "totalement respecté les consignes sanitaires" selon le ministère de la Santé, est arrivé à Paris mardi à bord d'un avion de ligne depuis la capitale congolaise Kinshasa. Il s'agissait du vol AF736 reliant Kinshasa à Paris-Charles de Gaulle, confirme la compagnie Air France à l'AFP.
L'ONG Alima, qui affirme être "la première à intervenir sur le terrain" depuis le début de l'épidémie en RDC et dans une moindre mesure en Ouganda, assure dans un communiqué sur X qu'elle cherche à "comprendre comment la contamination a pu avoir lieu" alors que les travailleurs humanitaires sont normalement contraints à respecter une quarantaine de trois semaines après avoir été en contact avec des cas infectés. "Les conditions de prévention de contamination ont été mises en place depuis le début de notre intervention pour préserver nos équipes", assure l'organisation.
Des symptômes et une charge virale faibles
Le malade était "quasi asymptomatique" en embarquant à bord de l'avion de ligne, et souffrait uniquement de "céphalées" (maux de tête), toujours selon le ministère de la Santé. "Son état s'est légèrement dégradé pendant le vol", d'après la même source, qui ajoute que "sa charge virale est très faible". Invitée de France 2 mercredi soir, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist a expliqué "qu'il a eu dans l'avion des maux de tête, il a donné l'alerte" de sorte à être pris en charge dès son arrivée à Paris. "Il sera à l'isolement pendant 21 jours, le temps de la période d'incubation."
Un communiqué publié par le ministère dans la matinée assure que le patient est "dans un état stable". L'épidémie met en jeu une souche rare du virus, dite Bundibugyo, contre laquelle il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique.
Une prise en charge immédiate dans un établissement spécialisé
Le médecin contaminé a été isolé dès son arrivée à l’aéroport. Il est "pris en charge dans un établissement de santé de référence, selon des protocoles stricts de sécurité biologique (chambre à pression négative, équipements et protocoles dédiés)", où il a été transféré "dans des conditions sécurisées afin d'éviter tout risque de contamination", détaille le ministère de la Santé dans un communiqué envoyé dans la matinée.
"Les autorités sanitaires sont pleinement mobilisées et la situation fait l'objet d'un suivi permanent", rassure le ministère. La situation est "suivie de très près par le Premier ministre", assure-t-on également à Matignon.
Cinq possibles cas contacts isolés
Cinq personnes qui étaient dans l'avion avec le médecin diagnostiqué positif à Ebola lors de son retour en France en provenance de Kinshasa sont considérées comme possibles cas contacts et placées à l'isolement, a déclaré mercredi soir la ministre de la Santé Stéphanie Rist sur France 2. Sur le vol ramenant ce médecin humanitaire de République démocratique du Congo, "il y a cinq personnes qui sont considérées comme éventuellement contacts et, par précaution, elles ont été identifiées et placées en isolement" a expliqué la ministre.
Un risque de contamination en France très faible
La France est, dans le cadre de cette épidémie, le premier pays hors d'Afrique à confirmer qu'un cas a été diagnostiqué sur son territoire. En 2014, lors d'une importante épidémie en Afrique de l'Ouest, deux patients avaient été accueillis sur le territoire français, mais après avoir été diagnostiqués à l'étranger.
Mais l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et les experts en santé publique estiment que le risque d'une extension de l'épidémie au niveau mondial reste "faible", en raison du caractère relativement peu contagieux du virus Ebola. Selon l'Institut Pasteur, la transmission du virus Ebola entre humains peut se faire de manière directe (via le sang ou les liquides biologiques de personnes infectées comme l'urine, la salive, la sueur ou le sperme) ou de manière indirecte, via des objets ou des surfaces contaminés par ces liquides. Le risque de transmission par aérosol est très limité, selon la même source.
"Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a jugé faible le risque d'infection pour les résidents européens et les voyageurs se rendant en zone de circulation active, et très faible pour la population générale européenne", rappelle le ministère de la Santé. "Un suivi dédié est mis en place pour le retour des humanitaires français sur le territoire national", selon la même source.
Selon les derniers chiffres officiels, 1 048 cas de contamination au virus Ebola ont été recensés, dont 267décès, soit un taux de létalité d'environ 25%. Mais nombre d'experts jugent probable que l'ampleur de l'épidémie soit sous-estimée, car elle frappe des régions très reculées.
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