
: #OnVousRépond Fenêtre ouverte, effet de fraîcheur et danger sur la santé... On fait le point pour bien utiliser un ventilateur en période de forte chaleur
Plus de la moitié des Français utilisent des ventilateurs ou brasseurs d’air, selon l'Ademe, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie.
De l'art de bien ventiler. Bon marché, économe en énergie et peu encombrant, le ventilateur est un allié bienvenu pour tenter de rafraîchir son logement en ces temps de canicule. La vigilance rouge s'étend à un total de 72 départements à partir de midi jeudi 25 juin, a annoncé Météo France. La moitié des foyers français est désormais équipée de ventilateurs, selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe). Contrairement à un climatiseur, l'appareil ne refroidit pas l'air mais le brasse. Néanmoins, plusieurs astuces permettent d'améliorer son efficacité.
Santé publique France rappelle que, "pour une utilisation optimale, il est conseillé de limiter les apports de chaleur dans le logement, d'utiliser le mode oscillant, d'humidifier l'air, et de placer le ventilateur de manière stratégique pour favoriser la circulation de l'air frais."
Jusqu'à une certaine température
Sur son site, la Sécurité sociale préconise d'utiliser un ventilateur "s'il fait moins de 32°C (au-delà, l'air brassé est chaud, ce qui augmente la sensation d'inconfort)". L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande pour sa part "d'utiliser des ventilateurs électriques uniquement lorsque les températures sont inférieures à 40°C". Mais elle ajoute qu'au-delà de 35°C, "ils ne peuvent pas prévenir les troubles liés à la chaleur" et indique qu'il faut veiller à bien s'hydrater.
En brassant de l'air aussi chaud voire plus chaud que la température corporelle, le ventilateur favorise l'évaporation de la sueur mais aussi les pertes en eau, et risque d'accentuer la déshydratation. Il est aussi recommandé d'humidifier régulièrement sa peau à l'aide d'un linge humide, d'un brumisateur ou d'une douche tiède afin d'améliorer le refroidissement du corps.
En journée, quand les volets sont fermés... et pas tout le temps
Dans une pièce fermée, un ventilateur fait circuler l'air qui, en passant sur la peau, accélère l'évaporation de la transpiration et donne une sensation de fraîcheur. Selon l'Ademe, il est ressenti une température de "2 à 3°C de moins que la température réelle de la pièce" même si celle-ci ne diminue pas.
Il est conseillé de le faire fonctionner en mode rotatif, avec un linge humide, une bouteille d'eau glacée ou un bocal rempli de glaçons placés à une trentaine de centimètres devant lui et non sur l'appareil pour écarter tout risque d'électrocution. En humidifiant sa peau avec un peu d'eau, l'effet de fraîcheur est immédiat. Dans ses recommandations, l'Ademe rappelle qu'il est "inutile de laisser fonctionner un ventilateur s'il n'y a personne dans la pièce, car il ne rafraîchit pas l'air, il le brasse".
Tard le soir, dans la nuit et tôt le matin, face à une fenêtre ouverte
Même en période caniculaire, l'air se rafraîchit beaucoup à l'extérieur pendant la nuit et au petit matin. "Créer des mouvements d'air dans la maison à ce moment-là, c'est très efficace pour rafraîchir son logement", souligne Florence Clément, coordinatrice de l'information grand public de l'Ademe. Lorsque la température est plus fraîche à l'extérieur qu'à l'intérieur, placer son ventilateur à un mètre devant une fenêtre ouverte, orienté vers l'extérieur, permet d'évacuer l'air chaud resté dans la pièce. En ouvrant une deuxième fenêtre, de l'air plus frais peut rentrer à l'intérieur.
Cette technique, qui repose sur une loi physique, permet de créer un courant d'air même dans un logement qui n'est pas traversant. Elle peut par exemple se faire pendant une demi-heure avant le coucher, afin de baisser la température de la pièce avant de s'endormir. C'est beaucoup plus efficace que de dormir avec le ventilateur braqué sur soi, qui, en plus de brasser de l'air resté chaud, peut causer chez certaines personnes une sécheresse des yeux ou des voies aériennes, une sensation de nez bouché au réveil, voire des tensions musculaires au niveau du cou ou des épaules.
Pour les futures vagues de chaleur, en anticipant
Alors que le gouvernement a déjà prévenu qu'une nouvelle canicule est possible vers le 6 juillet après une petite semaine d'accalmie, l'Ademe recommande de ne pas attendre que la chaleur s'installe pour mettre en place tous les gestes efficaces : "Dès l'annonce d'une période de forte chaleur (la veille), prévoyez de rafraîchir le plus possible le logement pendant la nuit précédente, fermer rapidement les volets et les fenêtres avant le début de la canicule. Plus vous rafraîchissez votre logement avant la canicule et plus vite vous bloquerez les entrées de chaleur, plus vous gagnerez en confort pendant les journées très chaudes."
Selon une étude du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) sur le comportement des Français face aux vagues de chaleur, menée pendant l'été 2023, le pays n'a pas la "culture du ventilateur", contrairement aux États-Unis, par exemple, où les brasseurs d'air sont très répandus. Seuls 2,5% des bâtiments sont équipés de ventilateurs de plafond, plus efficaces, contre 60% à l'échelle mondiale et 80% aux États-Unis. En conséquence, l'étude estime qu'une marge de progression d'environ 40% est possible, y compris dans les logements les plus performants énergétiquement.
Les fortes chaleurs peuvent être dangereuses pour la santé, en particulier pour les personnes vulnérables. Le gouvernement a activé le 18 juin 2026 le numéro vert "Canicule info service" : 0800 06 66 66, joignable de 9h à 19h (appel gratuit). En cas de besoin d'une prise en charge ne relevant pas d'une urgence vitale, le ministère de la Santé recommande d'appeler prioritairement son médecin traitant, puis de recourir à une alternative à proximité, en consultant par exemple la carte des lieux de soins sur sante.fr (accessible en anglais) Enfin, en cas de doute, d'appeler le 15.