
Journée mondiale contre les politiques répressives en matière de drogues : "Le soin plutôt que la punition", plaide Médecins du monde
"La répression ne fait qu'isoler" les toxicomanes, défend l'ONG qui assure que "d'autres politiques sont possibles". Elle regrette notamment que les espaces de consommation supervisés des drogues soient remis en question.
"Le soin plutôt que la punition", plaide Médecins du monde, vendredi 26 juin sur France Inter, à l'occasion ce jour de la journée de lutte contre les politiques répressives en matière de drogues. L'ONG appelle à mettre fin au "déni et à la stigmatisation" des personnes tombées dans la toxicomanie et à sortir du tout répressif.
Médecins du Monde rappelle notamment que la "réduction des risques", approche qui questionne la norme sociale, est reconnue par l’Organisation mondiale de la santé et qu’elle vise à protéger les consommateurs de drogue sans aucun jugement. "Il y a d'autres politiques qui sont possibles", explique Céline Debaulieu, responsable du plaidoyer chez Médecins du monde car "la répression ne fait qu'isoler, enfermer les personnes, les empêcher, par rapport à la stigmatisation qu'elles subissent, au regard de la société, de pouvoir aller vers des dispositifs, notamment de soins ou d'accès au droit", explique-t-elle.
"La réduction des risques est un droit fondamental à la santé"
L'ONG s’oppose notamment au projet de loi Ripost qui prévoit une revalorisation du montant de l'amende pour les usagers de stupéfiants. Elle interpelle les élus au moment où une nouvelle circulaire propose de généraliser les tests salivaires de dépistage des drogues pour les ministres et les hauts fonctionnaires. "Nous sommes tous et toutes concernés, vous, hommes et femmes politiques ou vos proches. Tous les milieux sociaux sont confrontés à la réalité de la consommation de substances psychoactives", souligne Céline Debaulieu. "Face à cette réalité, le déni et la stigmatisation ne sont plus des options. Il faut avoir des politiques beaucoup plus fortes en terme de prévention, de réduction des risques", estime Médecins du monde. "La réduction des risques n’est pas une alternative secondaire, c’est un droit fondamental à la santé", soutient l'ONG.
Une première mesure "qui irait dans ce sens et montrerait de manière claire l’engagement de tous et toutes pour une politique pragmatique fondée sur des données probantes serait la pérennisation des Haltes Soin Addiction et l’ouverture prochaine de nouvelles salles dans plusieurs villes en France", explique Médecins du monde. L’ONG regrette que, ces dernières années, tous les espaces de consommation supervisés des drogues ont été remis en question au niveau local et national par les élus politiques.
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