
Canicule : jusqu'à 5 000 appels par jour, les services d'urgences "saturés", affirme le directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris
Tandis que le Samu de Paris et de sa petite couronne reçoit en moyenne près de 3 000 appels par jour, ce chiffre a grimpé jusqu'à 5 000 mercredi.
"On est à un pic d'hospitalisations", reconnaît Nicolas Revel, le directeur général des hôpitaux publics parisiens (AP-HP), invité dans la matinée du samedi 27 juin sur France Inter. La veille, l'Agence régionale de santé d'Île-de-France a déclenché un plan blanc pour tous les hôpitaux de la région. Selon Nicolas Revel, les services d'urgences ne sont pas "dépassés" mais "saturés".
Alors que le Samu reçoit, à Paris et en petite couronne, près de 3 000 appels par jour en temps normal, "mercredi, on est passé à 4 000, puis à 5 000", décompte Nicolas Revel. Depuis le début de l'épisode de fortes chaleurs, il constate aussi un doublement des appels au Samu pour des arrêts cardiaques. Il a également constaté une augmentation progressive des passages aux urgences : "On est passé de 2 000 à 3 000, et on reste sur ce plateau haut", explique-t-il.
La canicule "se prolonge dans ses effets"
Ce plateau "extrêmement haut" va durer encore "pas mal de jours", alerte le directeur général. Il constate un décalage entre le début de la canicule et les conséquences dans ses services : "De même que la canicule ne commence pas tout de suite à frapper, elle se prolonge dans ses effets", malgré la chute des températures. Il s'attend à une saturation des urgences jusqu'à lundi ou mardi.
Selon le directeur général de l'AP-HP, l'hôpital s'est adapté à la prise en charge des effets de la canicule et de l'hyperthermie : "Depuis 2003, on sait mieux prendre en compte les personnes qui arrivent. [...] Avant, on les envoyait en réanimation et il y avait beaucoup de morts, maintenant on les refroidit", décrit-il. La canicule de 2003 avait fait 15 000 morts. En 2025, il y a eu une surmortalité de 5 700 décès liés à la chaleur. Selon lui, pour l'épisode de cette année, on sera au-delà de 2025 sans atteindre toutefois "le bilan catastrophique de 2003".
Le déclenchement du plan blanc permet de déprogrammer les interventions non urgentes. "Ça nous libère des lits, ça nous libère des soignants", explique Nicolas Revel. "Ça permet aussi de leur demander de faire davantage d'heures supplémentaires et parfois [...] de rappeler des personnels qui sont en repos, en congés", poursuit-il.
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