"Ça peut changer la donne pour pas mal de monde" : Kyan Khojandi appelle à la prévention contre le cancer dans un documentaire

"Ça peut changer la donne pour pas mal de monde" : Kyan Khojandi appelle à la prévention contre le cancer dans un documentaire

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Lundi 29 juin 2026, l'acteur, réalisateur et humoriste Kyan Khojandi. Il est la voix off du documentaire "André is an idiot" de Tony Benna.

Kyan Khojandi est cet auteur, acteur, réalisateur, humoriste. Le grand public l'a découvert avec Bref, devenu un phénomène générationnel, avant de le retrouver sur scène, au cinéma, à la radio, dans des podcasts ou encore derrière la caméra. Depuis toujours, il raconte nos petites angoisses, nos hésitations, nos contradictions et cette drôle de manière que nous avons de remettre les choses importantes à plus tard.

À partir du 1er juillet 2026, il prête sa voix à André is an idiot, un documentaire bouleversant qui raconte la vraie histoire d'André Ricciardi. Un homme à qui l'on avait conseillé de passer une coloscopie et qui a toujours repoussé l'examen. Malheureusement, ce qui était à craindre arriva et lorsqu'il découvre son cancer colorectal, il est déjà trop tard. Plutôt que de se laisser définir par la maladie, André décide de transformer ses derniers mois de vie en un film à la fois drôle, lucide et profondément humain. Un documentaire qui parle évidemment de prévention, mais surtout de la vie, du temps qui passe, de ce que l'on choisit toutes et tous d'en faire.

franceinfo : Qu'est-ce qui vous a donné envie de prêter votre voix à cette histoire de vie, de courage et de résilience ?

Kyan Khojandi : Le fond du documentaire et surtout la forme, qui est une forme très humoristique. André a énormément d'humour et traite un sujet très grave. Je vous avoue que j'étais un peu néophyte là-dessus. Je n'étais pas du tout au courant du cancer colorectal. Donc, je prends cette transmission et, surtout, je me dis que ça peut vraiment aider les gens et que ça peut vraiment changer la donne pour pas mal de monde.

La force de cet homme ovni, donc d'André, c'est qu'il a réussi à transformer sa propre disparition en un acte de transmission. Est-ce que ce n'est pas ça, la force de ce documentaire ?

Exactement. Si je prends l'exemple de mon père décédé d'un cancer, c'est comme si quelqu'un joue aux jeux vidéo, perd à un certain niveau et, nous dit : fais attention à toi maintenant, parce que c'est ce qui va peut-être changer ta vie plus tard. C'est comme une machine à remonter le temps. C'est un conseil pour le futur.

Vous avez souvent raconté que vous étiez un enfant plutôt timide et observateur. Est-ce que l'humour a d'abord été une façon de vous protéger ou une façon d'aller vers les autres ?

Alors, je n'étais pas si timide que ça. Je pense que j'étais très introverti et d'ailleurs, quand je vous écoute, je suis souvent un peu apathique, donc je dois un peu lutter contre ça.

"J'adorais raconter des histoires, en fait. C'était une manière d'attirer l'attention de mon père parce qu'il racontait des histoires et tout le monde le regardait, tout le monde l'écoutait."

Kyan Khojandià franceinfo

Je me rappelle, je racontais beaucoup d'histoires à l'école, j'essayais de capter l'attention des gens quand il pleuvait, je leur disais de venir sous le préau pour faire un spectacle. J'étais un peu là-dedans.

Beaucoup disent qu'à travers Bref, vous avez permis à certaines personnes de découvrir leur anxiété et de travailler dessus. Ça vous touche ?

Oui, et je n'ai jamais tenté de parler des autres, et si ça fait écho, j'en suis ravi. Quand j'ai senti que j'étais extrêmement malheureux et je m'étais fait cette promesse un jour de dire que, si jamais le malheur que je vis là et cette détresse que je vis peuvent un jour aider les gens, je le ferai. C'est encore une fois un conseil de mon père qui m'avait dit, "Si tu peux aider les gens, aide-les". C'est aussi ce que je fais avec ma petite participation dans ce documentaire d'André.

Vous êtes né dans une famille d'origine iranienne et vous avez souvent parlé de ce sentiment d'être parfois entre plusieurs mondes. Est-ce que ce regard légèrement décalé sur les choses a nourri votre manière d'écrire et même d'observer les autres ?

Le décalage offre toujours une vision des choses différente. On mangeait par terre quand on était gamins, parce qu'il y avait 18 personnes à la maison. Il y avait toujours plein de monde et j'avais ma chambre qui était squattée en permanence. Quand je disais ça à l'école, les gens ne comprenaient pas qu'on puisse être 19 dans la maison. Il fallait accueillir les gens, il fallait faire plein de choses et ça ouvre l'esprit. Aujourd'hui, je n'ai aucun sentiment de possession, je ne me dis pas qu'il faut avoir des choses, je m'en fous un peu.

Marjane Satrapi est décédée de tristesse et ça paraît incroyable de se dire que ça existe encore aujourd'hui et qu'il y a une souffrance permanente. Est-ce que c'est une victoire pour vous d'avoir réussi à transformer ce sentiment douloureux en quelque chose de positif ?

C'est important parce qu'à tout moment, justement, on peut se retrouver dans un circuit médical. C'est pour ça qu'il faut savourer pour le moment, quand la vie nous le permet. Je pense qu'il faut faire ça et pour avoir beaucoup fréquenté les hôpitaux, je pense qu'il est important de se dire, là, ça va, profitons-en. Les choses peuvent toujours changer.

Est-ce que vous pensez que ce documentaire peut permettre à certaines personnes, d'éviter d'avoir cette mauvaise nouvelle qu'André nous raconte d'ailleurs.

J'en suis intimement convaincu et c'est pour ça que j'ai fait ce film.

"J'essaie toujours de mettre du sens dans les choses que je fais, dans les projets auxquels je participe."

Kyan Khojandià franceinfo

D'ailleurs, moi-même, c'est parti, la caméra dans les fesses ! Il y a une campagne faite par la Ligue contre le cancer justement pour le dépistage et le slogan, c'est, va chier ! Donc je préfère terminer sur ces deux mots-là qui sont hyper importants pour la suite, va chier !

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