"Il faut qu'on arrive à une interdiction du produit" : ces communes qui luttent contre le protoxyde d'azote

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Comment lutter contre le fléau du protoxyde d'azote dont la consommation explose chez les jeunes ? Les communes multiplient les arrêtés d'interdiction et mobilisent leur police municipale pour tenter de mettre fin à la consommation et au trafic.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

À entendre des policiers de Tours (Indre-et-Loire), c'est un gaz dont le trafic et la consommation concurrencent aujourd'hui ceux de certains produits stupéfiants. Le protoxyde d'azote est au cœur des préoccupations des policiers. L'an dernier, face à une législation jugée insuffisante, la ville de Tours a interdit la consommation, la détention et, dans certains cas, la vente de ce gaz initialement utilisé en restauration. Attirés par son effet euphorisant, de plus en plus de jeunes en consomment, à leur risque et péril.

En un an, la police de Tours a réalisé 350 interventions liées au protoxyde d'azote. Et même s'ils s'en défendent face à notre caméra, rares sont les jeunes à n'avoir jamais été en contact avec le produit. "Il y a souvent des accidents, on dit qu'on va tenir, mais après, ça nous shoote, ça nous éteint directement", affirme un jeune interrogé.

Pour détention ou usage de protoxyde d'azote, la ville a fixé l'amende à 150 euros. "Quand il ne se passe jamais rien, les consommateurs de quoi ont-ils à avoir peur ? Rien. Avec cet arrêté, on peut faire un peu de répression quand c'est nécessaire", commente un policier.

"Il nous manque encore des outils pour agir"

Ces derniers mois, face à la flambée du protoxyde d'azote, les villes prennent elles-mêmes les choses en main et multiplient les arrêtés. Mais que valent ces réglementations locales ? Sur le terrain, certains riverains sont perplexes. Dans sa cité de Tours, Nassim Mamouni collecte les bonbonnes usagées pour les recycler et il en trouve toujours plus. "Par jour, j'en trouve une quinzaine", dénombre Nassim Mamouni, collecteur de bonbonnes de protoxyde d’azote. Souvent, les lieux de consommation se trouvent à l'abri des regards, à l'écart des zones de patrouille des forces de l'ordre.

Dans les prochains mois, une loi pourrait punir d'emprisonnement la consommation ou la conduite sous l'emprise du protoxyde d'azote. Certains élus réclament encore plus de sévérité et aimeraient que le gaz soit classé comme un stupéfiant à part entière. "Il nous manque encore des outils pour agir. Au niveau national, il faut qu'on arrive à une classification du produit, à une interdiction qui permette d'aller au-delà de l'arrêté municipal" suggère Florian Hemme, adjoint PS chargé de la sécurité au maire de Tours. Outre les problèmes de sécurité, le protoxyde d'azote pose aux yeux des autorités une évidente question de santé publique. Depuis 2020, les signalements d'intoxication au protoxyde d'azote ont plus que triplé en France.

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