Malgré leur interdiction en France, une ONG a retrouvé des traces de néonicotinoïdes dans du Nutella et différents miels

Malgré leur interdiction en France, une ONG a retrouvé des traces de néonicotinoïdes dans du Nutella et différents miels

Malgré leur interdiction en France, une ONG a retrouvé des traces de néonicotinoïdes dans du Nutella et différents miels

Agir pour l'environnement a analysé une douzaine de produits, dont deux pâtes à tartiner du géant Ferrero. Dans un rapport, l'ONG affirme que huit néonicotinoïdes, dont l'acétamipride, "sont présents" dans tous les produits testés.

L'ONG Agir pour l'environnement affirme lundi 13 juillet avoir découvert des traces de néonicotinoïdes, des insecticides interdits en France, dans deux pâtes à tartiner de la marque Nutella et dans différents miels. Huit néonicotinoïdes, dont l'acétamipride, "sont présents dans tous les miels et les pâtes à tartiner" analysés, soit douze produits différents, détaille l'ONG dans un rapport, plaidant pour un "moratoire européen sur ces substances toxiques".

Agir pour l'environnement demande aussi aux fabricants de "revoir immédiatement leurs procédés de fabrication afin de garantir aux consommateurs français un produit exempt de néonicotinoïdes". L'utilisation de ces insecticides en agriculture est interdite en France depuis 2018 en raison de leur toxicité pour le vivant, notamment pour les abeilles. Ils sont également bannis dans l'ensemble de l'Union européenne, à l'exception de l'acétamipride, autorisée jusqu'en 2033.

L'ONG a analysé dix miels, dont sept importés. Tous sont porteurs de traces d'insecticides, l'acétamipride étant "le résidu le plus concentré" dans sept d'entre eux. Un mélange de miels ukrainien, argentin et espagnol contient ainsi un total de 4 300 nanogrammes par kilogramme (ng/kg) de six néonicotinoïdes différents. En comparaison, les deux miels biologiques français testés sont "les moins contaminés", avec respectivement 7 et 163 ng/kg d'insecticides.

L'ONG appelle au rejet de "toute tentative de réautoriser les néonicotinoïdes"

Côté pâte à tartiner, le Nutella, analysé dans sa version classique et végétale, contient huit néonicotinoïdes, avec respectivement 480 et 850 ng/kg. "La présence de traces d'une substance ne constitue pas, en soi, un risque pour la santé", a réagi le géant de l'agroalimentaire Ferrero auprès de l'AFP, assurant que le Nutella est "fabriqué selon des normes strictes" et "pleinement conforme à l'ensemble des réglementations applicables en matière de sécurité alimentaire".

Face à cette "présence systémique", l'ONG appelle les pouvoirs publics à "agir sans délai" et demande aux parlementaires français de rejeter "toute tentative de réautoriser les néonicotinoïdes", alors qu'un amendement au projet de loi d'urgence agricole porté par le sénateur Laurent Duplomb prévoit de réautoriser deux néonicotinoïdes : l'acétamipride et le flupyradifurone. Le texte doit être débattu jeudi lors d'une commission mixte paritaire.

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