Fin de vie : "Ils sont à côté de la plaque", déplore Karine, dont le mari n'aura pas pu bénéficier de la loi qui pourrait être votée ce mercredi

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Fin de vie : "Ils sont à côté de la plaque", déplore Karine, dont le mari n'aura pas pu bénéficier de la loi qui pourrait être votée ce mercredi

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La France va-t-elle rejoindre la Suisse, la Belgique ou encore les Pays-Bas, qui ont déjà légalisé l’aide à mourir ? Après deux ans de débats parfois enflammés, c’est aujourd'hui, mercredi 15 juillet, que se tient le tout dernier vote à l'Assemblée nationale pour la proposition de loi. Nous avons rencontré Karine. Son mari est mort avant de pouvoir bénéficier des effets du texte, qu'elle attendait tant.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Philippe Vesque aurait eu 60 ans cette année. Il est mort chez lui, entouré des siens, avec des soins palliatifs à domicile. Sa femme, Karine, l'a accompagné jusqu'au bout. "Il ne pouvait même pas lever le petit doigt, rien. Il pouvait faire des fausses routes, donc il ne pouvait plus manger du tout, avec des problèmes respiratoires, il ne marchait plus depuis bien longtemps…", se souvient-elle.

Atteint de la maladie de Charcot, Philippe est mort avant de bénéficier d'une sédation, à l'issue d'une lente agonie de trois ans. "Dans ce type de maladie, on n'est pas digne à la fin. Des fois, il y avait des amis qui voulaient passer à la maison, je disais non. Mon mari ne voulait pas. Pour lui, c'était humiliant, c'était une souffrance morale de se montrer dans cet état-là", confie la veuve.

Le couple suivait les séances parlementaires autour de la loi sur la fin de vie. Il espérait pouvoir en bénéficier, mais la maladie est allée plus vite que le débat de société. Incompréhension et colère pour Karine : "Tant qu'on n'est pas concerné par la maladie et tant qu'on ne touche pas du doigt un proche, je pense qu'ils sont à côté de la plaque. Parce qu'une maladie incurable, que ce soit la maladie de Charcot comme avait mon mari, ou tout simplement un cancer en phase terminale, n'importe quelle maladie où à partir du moment où il n'y a plus d'espoir, quel est l'intérêt de continuer à garder les gens ? Pour moi, c'est de l'acharnement thérapeutique", déplore-t-elle avec émotion.

"Ça concernera une part infime des patients"

Si la loi est adoptée, pour être éligible, les patients devront être atteints d'une affection grave et incurable, en phase avancée ou terminale et avec un pronostic vital engagé. Pour le docteur Chaissac, la loi ne s'appliquera qu'à de rares cas sans autre issue. "Si la loi évolue, ça concernera, aujourd'hui, une part infime des patients. Mais l'essentiel restera toujours, pour les soins palliatifs, de leur rendre le plus d'autonomie, de les soulager le plus possible. Et il faut évidemment qu'on continue à travailler avec cette possibilité lorsque nous n'avons plus rien à offrir et que le patient est dans une situation d'impasse", explique le Dr Cédric Chaissac, chef de service - Unité de soins palliatifs à l'hôpital Jean Jaurès de Paris.

S'il est trop tard pour Philippe, Karine Vesque espère aujourd'hui que d'autres patients n'auront pas à subir la même fin de vie que son mari.

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