Pourquoi la loi sur l'aide à mourir n'entrera pas en application avant "début 2027"

Pourquoi la loi sur l'aide à mourir n'entrera pas en application avant

Pourquoi la loi sur l'aide à mourir n'entrera pas en application avant "début 2027"

L'adoption définitive du texte sur la fin de vie ne signifie pas son entrée en vigueur immédiate. Les malades souhaitant bénéficier d'une aide à mourir doivent encore attendre de futurs décrets et arrêtés, ainsi que des recommandations sanitaires promises d'ici à la fin de l'année.

Prière de patienter en salle d'attente. La loi sur l'aide à mourir a été définitivement adoptée par l'Assemblée nationale, mercredi 15 juillet, ouvrant la voie à l'entrée en vigueur de cette réforme sociétale majeure promise par Emmanuel Macron. Mais plusieurs étapes doivent encore être franchies avant que les patients éligibles à ce nouveau droit puissent effectivement demander à être accompagnés pour mettre fin à leurs jours.

Comme le prévoit la Constitution, la loi doit être transmise au gouvernement, en vue de sa promulgation sous quinze jours par le président de la République. D'ici là, le Conseil constitutionnel pourra être saisi, notamment par 60 députés ou 60 sénateurs, pour contrôler la conformité du texte à la Constitution. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et le président du Sénat, Gérard Larcher, ont d'ores et déjà promis de l'exercer sur ce texte.

Dès lors, les Sages auront un mois pour se prononcer. En cas de rejet total, la loi ne pourra pas être promulguée. Elle devra repartir au Parlement pour y être modifiée en vue d'une éventuelle nouvelle adoption. En cas de rejet partiel, le président peut promulguer la loi dont la disposition déclarée inconstitutionnelle aura été retirée, soit demander au Parlement une nouvelle délibération, selon le site Legifrance. Si la loi n'est pas censurée, elle pourra être promulguée en l'état.

Le gouvernement, maître des décrets et des horloges

Même promulguée au cœur de l'été, la loi ne pourra entrer en application qu'après la publication par le ministère de la Santé de plusieurs décrets et arrêtés définissant les modalités pratiques de l'aide à mourir. Une circulaire publiée en 2022 fixe aux ministères un objectif de publication des textes réglementaires dans "un délai de six mois" après la promulgation d'une loi, d'où une possible entrée en vigueur de l'aide à mourir en janvier 2027. Contacté par franceinfo, le cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, confirme cet objectif.

"Les travaux sont engagés dès cet été pour permettre une mise en application au début de l'année 2027, dans des conditions juridiquement solides et pleinement sécurisées."

Le cabinet de la ministre de la Santé, Stéphanie Ristà franceinfo

D'ici là, il reviendra au gouvernement d'élaborer un éventuel formulaire que pourront remplir les patients pour effectuer leur demande, ou encore de déterminer les informations que les médecins devront fournir aux malades souhaitant abréger leur existence. De même, l'exécutif va devoir désigner les pharmacies d'hôpitaux autorisées à préparer les substances létales. Un autre chantier est lancé pour fixer le prix des produits et le montant des honoraires des professionnels, qui seront intégralement pris en charge par l'Assurance maladie. Autant d'éléments qui feront l'objet d'échanges entre le ministère et les acteurs de la santé ces prochains mois.

La HAS chargée de définir les substances létales

La pleine application de la loi est également conditionnée à de futures recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS). Cette instance scientifique a été saisie par le gouvernement pour définir la composition des substances létales et élaborer des bonnes pratiques de prescription et d'administration des produits. Charge à elle également d'établir des protocoles sur "la conduite à tenir en cas de difficulté, d'échec ou de complication" lors du dernier geste.

Dans son courrier de saisine, qui remonte au 12 février, Stéphanie Rist tablait sur "une adoption définitive de la loi avant la fin de l'année 2026" et demandait à la HAS de finaliser ces travaux "selon ce même calendrier". En juin, l'organisme sanitaire a dévoilé une note de cadrage prévoyant la constitution d'un groupe de travail en juin, plusieurs réunions d'ici septembre et une fin de mission au 1er novembre. Contactée par franceinfo, la HAS confirme ce calendrier.

Une ordonnance pour les territoires d'outre-mer

Des travaux complémentaires, en lien avec l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), devront ensuite être menés pour mettre au point le circuit de préparation, de stockage et de livraison des substances létales. Autant d'échéances qui semblent écarter une entrée en vigueur de la loi avant 2027.

Enfin, des délais supplémentaires sont à prévoir pour les habitants de plusieurs territoires d'outre-mer. Le gouvernement aura un an à compter de la promulgation de la loi pour l'"adapter" par ordonnance en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna, ainsi qu'à Mayotte et à Saint-Pierre-et-Miquelon. Une fois l'ordonnance publiée, un projet de loi de ratification devra être déposé sous trois mois. Le Parlement n'en a donc pas encore fini avec l'aide à mourir.

Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?

(Nouvelle fenêtre)-

vidéoFin de vie : la France crée un droit sur l'aide à mourir

"Il était temps, il est urgent que le texte soit appliqué", réagit l'ancienne ministre Agnès Firmin-Le Bodo, après l'adoption la loi sur l'aide à mourir

Critères d'accès, délai de réflexion, clause de conscience... Que prévoit la loi sur l'aide à mourir, que le Parlement vient d'adopter définitivement ?

vidéoFin de vie : "Ils sont à côté de la plaque", déplore Karine, dont le mari n'aura pas pu bénéficier de la loi qui pourrait être votée ce mercredi

vidéoCanicule : "On s'attend à une augmentation de l'activité à partir d'aujourd'hui", explique Frédéric Adnet, chef du Samu de Paris

À regarder

Pédrocriminalité : 675 personnes incarcérées depuis début juin

De violents orages éclatent : plusieurs départements placés en vigilance orange

Deux suspects placés en détention provisoire pour les incendies à Fontainebleau

Dua Lipa s’oppose à un projet du clan Trump

Nathalie Iannetta : "Ne pas jeter Dédé avec l'eau du bain"

Un train cerné par les flammes au Canada

Canicule à l'italienne : Système D et dérision

L'ICE tue deux personnes par balles aux États-Unis

Aide à mourir : une loi historique définitivement adoptée

À Cuba, le système de santé au bord de la rupture

Ces gendarmes luttent contre la délinquance en mer

Le Parlement adopte la loi sur l'aide à mourir

Départs en vacances : le business des aires d'autoroute

Incendies au Canada : un train pris au piège dans un brasier

Le Norvégien Soren Waerenskjold surprend les favoris et s'impose au sprint sur la 11e étape du Tour de France

En France depuis 3 ans, il a 19 au bac

"On a le seum" : au lendemain de la défaite des Bleus du foot, les coureurs français chambrés dans le peloton du Tour

Une invasion de moustiques bloque deux vols Ryanair en Italie

Dans ce pays, il est interdit de filmer la pauvreté

En 50 ans, les hommes ont perdu la moitié de leur testostérone

"On n'a pas perdu contre l'arbitre, ni contre l'Espagne, mais contre nous-mêmes", estime Rayan Cherki

Incendies : quand les agriculteurs viennent prêter main-forte

En brulant ses papiers du bac, il incendie 600 m2

Un pompier volontaire reconnaît avoir allumé un feu à Fontainebleau

Frappes sur l'Iran : le pétrole repart à la hausse

Le retour de BTS en France

Attentat de Nice : la nation rend hommage aux victimes

Incendies à Fontainebleau : un pompier volontaire passe aux aveux

14-Juillet : le dernier défilé d’Emmanuel Macron

À Gaza, un îlot de paix pour reconstruire les enfants

← Health