Diagnostiquée à tort avec des hémorroïdes, une Espagnole décède d’un cancer colorectal : sa famille indemnisée

Diagnostiquée à tort avec des hémorroïdes, une Espagnole décède d’un cancer colorectal : sa famille indemnisée

20 Minutes avec agence

En Espagne , le Tribunal supérieur de justice d’Andalousie (TSJA) a condamné en appel le Service andalou de santé (SAS) à indemniser la famille d’une patiente décédée des suites d’un cancer colorectal. Selon le jugement, les professionnels de santé n’ont pas utilisé tous les moyens disponibles pour identifier la tumeur. Le SAS va devoir verser une indemnisation de 30.000 euros pour retard de diagnostic, rapporte Telecinco .

Une grosse tumeur finalement identifiée

La patiente s’était rendue au moins à neuf reprises dans des services de santé publique entre mai et septembre 2020, car elle souffrait de douleurs et de saignements rectaux intermittents. À chaque fois, les médecins avaient diagnostiqué de simples crises d’hémorroïdes. Il lui avait alors été prescrit des bains de siège et un traitement médicamenteux.

Face à la persistance de ses symptômes, la patiente avait poursuivi ses démarches. En juin 2020, un scanner n’avait fait apparaître aucune masse cancéreuse. Le 14 août suivant, les urgences avaient à nouveau confirmé le diagnostic d’hémorroïdes. La femme avait fini par se rendre dans un hôpital privé de Grenade, où une coloscopie et une biopsie avaient révélé le véritable diagnostic : un adénocarcinome colorectal. Le 15 septembre 2020, lors de sa prise en charge à l’Hospital Universitario de La Merced d’Osuna, un toucher rectal avait permis d’atteindre la masse. Des examens plus poussés identifient une grosse tumeur envahissant le cul-de-sac de Douglas, la vessie et le vagin.

Un jugement défavorable en première instance

Le tribunal a rappelé que la patiente avait des antécédents lourds, notamment une leucémie myéloïde chronique et un cancer de l’endomètre traité des années plus tôt. Un tel dossier médical « illustre un scénario de suspicion particulière ou, au moins, d’une diligence particulière de la part des professionnels de santé ». Une exigence accrue dans les procédures de diagnostic s’imposait.

En première instance, le tribunal du contentieux administratif de Séville avait rejeté la demande, invoquant l’absence de symptômes évocateurs lors des premières consultations, la difficulté à détecter la tumeur du fait de sa localisation et la pression liée à la pandémie de Covid . Mais en appel, le TSJA a estimé que ces circonstances ne justifiaient pas l’inadéquation du diagnostic au regard des antécédents. Les 30.000 euros seront répartis entre les différents demandeurs.

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